﻿﻿{"id":2077,"date":"2024-10-01T13:01:28","date_gmt":"2024-10-01T11:01:28","guid":{"rendered":"https:\/\/ici-ce.com\/?p=2077"},"modified":"2025-08-22T12:47:56","modified_gmt":"2025-08-22T10:47:56","slug":"le-modele-du-labyrinthe-plein-de-vices-le-crime-du-cinema-contre-la-casbah","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ici-ce.com\/fr\/le-modele-du-labyrinthe-plein-de-vices-le-crime-du-cinema-contre-la-casbah\/","title":{"rendered":"Le mod\u00e8le du labyrinthe plein de vices : le crime du cin\u00e9ma contre la Casbah"},"content":{"rendered":"<p>\u00d4 ma joie, t&rsquo;ont-ils dit que tu es construite sur l&rsquo;\u00eele verte ?<\/p>\n<p>Et que la montagne au sommet blanc est t\u00e9moin de la trahison ?<\/p>\n<p>T&rsquo;ont-ils dit que le joyau de la vie est une pierre pr\u00e9cieuse pour celui qui sait la lire ?<\/p>\n<p>Celui qui t\u2019a lue, \u00f4 ma joie, a lu la vie, et celui qui a lu la vie gr\u00e2ce \u00e0 toi ne gu\u00e9rira jamais de toi.<\/p>\n<p>Po\u00e8me de Himoud Brahimi (Momo)<\/p>\n<p>Parce qu&rsquo;Alger a une particularit\u00e9 par rapport aux autres r\u00e9gions du pays, \u00e9tant la capitale de la colonie, abritant la plus grande colonie de colons fran\u00e7ais, et repr\u00e9sentant la plus grande concentration de population en Alg\u00e9rie, sa pr\u00e9sence dans la r\u00e9volution de lib\u00e9ration fut exceptionnelle, incarn\u00e9e militairement par la \u00ab Bataille d&rsquo;Alger \u00bb (1956-1957).<\/p>\n<p>Bien que la bataille d&rsquo;Alger ait eu un grand retentissement m\u00e9diatique et politique, \u00e9tant un tournant d\u00e9cisif dans la r\u00e9volution de lib\u00e9ration, transportant une guerre in\u00e9gale entre les avions et les canons de l&rsquo;arm\u00e9e d&rsquo;occupation et les fusils et mitraillettes de l&rsquo;arm\u00e9e de lib\u00e9ration des montagnes et des campagnes alg\u00e9riennes dans une ville o\u00f9 se trouvaient toutes les institutions coloniales officielles et les m\u00e9dias fran\u00e7ais et internationaux, la contribution d&rsquo;Alger (en particulier le quartier de la Casbah, qui abritait environ 60 000 habitants \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque) au cin\u00e9ma est rest\u00e9e tr\u00e8s limit\u00e9e. M\u00eame les rares films qui ont utilis\u00e9 cette ville comme mati\u00e8re fertile pour l&rsquo;investissement cin\u00e9matographique ne l&rsquo;ont pas fait justice, ni \u00e0 ses habitants, restant prisonniers d&rsquo;une vision coloniale de la ville arabe, marqu\u00e9e par toutes sortes de vices, comme si la ville n&rsquo;\u00e9tait pas un lieu de p\u00e8lerinage pour les Alg\u00e9riens de toutes les r\u00e9gions du pays, o\u00f9 le premier novembre 1954 avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9cid\u00e9 dans l&rsquo;un de ses quartiers, et comme si elle n&rsquo;avait jamais abrit\u00e9 la plupart des dirigeants de la r\u00e9volution, m\u00eame pour un certain temps.<\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0P\u00e9p\u00e9 le Moko\u00a0\u00bb : La Casbah et le st\u00e9r\u00e9otype du cin\u00e9ma colonial<\/strong><\/p>\n<p>Depuis les ann\u00e9es 1920, la Casbah d&rsquo;Alger a \u00e9t\u00e9 une source abondante pour le cin\u00e9ma colonial, soit en tant qu&rsquo;espace g\u00e9ographique et topographique oriental vu \u00e0 travers le prisme orientaliste, soit en tant que cadre spatio-temporel des \u00e9v\u00e9nements du film. Dans certains films, elle a servi de d\u00e9cor en studio \u00e0 Paris, et dans d&rsquo;autres, elle a \u00e9t\u00e9 le v\u00e9ritable lieu de tournage.<\/p>\n<p>En 1922, le r\u00e9alisateur Louis Mercanton, avec Ren\u00e9 Hervil, choisit Alger et son port comme d\u00e9cor pour le film <em>L&rsquo;effrayant Sarati<\/em>, adapt\u00e9 du roman de Jean Vignon. Ce film a \u00e9t\u00e9 r\u00e9adapt\u00e9 en 1937 par le r\u00e9alisateur fran\u00e7ais n\u00e9 en Alg\u00e9rie, Andr\u00e9 Hugon, mais la majorit\u00e9 des sc\u00e8nes furent tourn\u00e9es dans des studios parisiens.<\/p>\n<p>En 1934, le r\u00e9alisateur fran\u00e7ais Julien Duvivier visite Alger avec une \u00e9quipe de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s (Jean Gabin, Harry Baur, Edwige Feuill\u00e8re) et d&rsquo;importants moyens pour tourner le film <em>Golgotha<\/em>. Il utilise la Casbah comme d\u00e9cor pour J\u00e9rusalem pour une partie de la vie du Christ. Cette visite marquera un tournant dans la carri\u00e8re de ce r\u00e9alisateur, qui bouleversera le cin\u00e9ma fran\u00e7ais. La Casbah inspirera \u00e0 Duvivier un film dont toute l&rsquo;intrigue se d\u00e9roule dans ce quartier : <em>P\u00e9p\u00e9 le Moko<\/em>.<\/p>\n<p>Les critiques fran\u00e7ais voient en <em>P\u00e9p\u00e9 le Moko<\/em> (1937), tourn\u00e9 principalement dans les studios de Path\u00e9 Cin\u00e9ma et en partie dans la Casbah et Marseille, une \u00ab certaine rupture avec l&rsquo;id\u00e9ologie coloniale qui impr\u00e9gnait le cin\u00e9ma, centr\u00e9e sur les bienfaits de la colonisation et la n\u00e9cessit\u00e9 de civiliser et de christianiser les indig\u00e8nes \u00bb. Ils soulignent que \u00ab\u00a0son importance r\u00e9side dans un certain r\u00e9alisme, plus que dans une d\u00e9nonciation impossible ou une description du ph\u00e9nom\u00e8ne colonial\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Cependant, le film d\u00e9peint la Casbah, \u00e0 l&rsquo;inverse de sa r\u00e9alit\u00e9 de l&rsquo;\u00e9poque, et malgr\u00e9 la pauvret\u00e9 que subissaient plus de 50 000 Alg\u00e9riens dans ses ruelles, comme un labyrinthe infest\u00e9 o\u00f9 la vie n&rsquo;existe que pour les voleurs, les marginaux, les mendiants et les prostitu\u00e9es. Un m\u00e9lange h\u00e9t\u00e9roclite de personnes venues du monde entier : Arabes, Juifs, Italiens, Espagnols, Maltais, Grecs et m\u00eame Chinois\u2026 Ses ruelles et ses escaliers ne m\u00e8nent qu&rsquo;\u00e0 des bars, des tavernes ou des bordels.<\/p>\n<p>Dans la Casbah de <em>P\u00e9p\u00e9 le Moko<\/em>, il n&rsquo;y a ni mosqu\u00e9es ni \u00e9coles coraniques, pas de vie sociale ou culturelle, aucun peuple travaillant pour gagner sa vie, pas de famille alg\u00e9rienne dans une maison alg\u00e9rienne, et pas de mention des injustices de la colonisation. Le r\u00e9alisateur Duvivier, bien qu&rsquo;il ait inclus le musicien alg\u00e9rien Mohamed Iguerbouch\u00e8ne dans la bande sonore avec Vincent Scotto, a pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 n&rsquo;inclure aucun Alg\u00e9rien parmi les acteurs, ne r\u00e9servant aux Alg\u00e9riens que des r\u00f4les de figurants.<\/p>\n<p><strong>La Casbah vue par l&rsquo;inspecteur Mounier<\/strong><\/p>\n<p>Lorsque l&rsquo;inspecteur Mounier se tient devant le commissaire de police d&rsquo;Alger et ses adjoints pour expliquer la difficult\u00e9 d&rsquo;arr\u00eater P\u00e9p\u00e9 alors qu&rsquo;il se cache dans la Casbah, il la d\u00e9crit ainsi : \u00ab Une vue plongeante de ce quartier d&rsquo;Alger que l&rsquo;on appelle la Casbah, aussi profonde qu&rsquo;une for\u00eat, bouillonnante comme une fourmili\u00e8re. Des escaliers interminables m\u00e8nent aux toits, chaque marche conduisant vers la mer. Entre ces escaliers, des ruelles tortueuses et sombres, en forme de pi\u00e8ge, certaines se croisent, d&rsquo;autres passent au-dessus des autres, formant un labyrinthe complexe. Des ruelles \u00e9troites, certaines couvertes comme des caves. De chaque c\u00f4t\u00e9, des marches, des obstacles comme des escaliers, des pentes qui m\u00e8nent \u00e0 des ab\u00eemes sombres avec des odeurs naus\u00e9abondes. Des couloirs humides, obscurs\u2026 Des rues d\u00e9sertes habit\u00e9es par le silence, des rues aux noms \u00e9tranges (\u00ab\u00a0Rue de l&rsquo;Impuissance\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Rue de la Ville de S\u00e9same\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Rue de l&rsquo;H\u00f4tel du Miel\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0Rue Bouakascha\u00a0\u00bb). Ils sont quarante mille dans un espace con\u00e7u pour dix mille. Quarante mille venus de partout, de ceux venus avant la conqu\u00eate, descendants des Berb\u00e8res, et ceux pour nous restent myst\u00e9rieux. Des tribus, des Chinois, des Tsiganes, des gens sans origine, des Slaves, des Maltais, des Noirs, des Siciliens, des Espagnols, et des femmes\u2026 Des femmes de tous pays, de toutes formes, grandes, grosses, petites, sans \u00e2ge, sans forme, vulgaires de graisse l\u00e0 o\u00f9 personne n&rsquo;ose s&rsquo;aventurer\u2026 Des maisons avec des cours int\u00e9rieures, isol\u00e9es comme des ruches sans toit, o\u00f9 l&rsquo;on entend la voix comme dans un puits, reli\u00e9es les unes aux autres par des toits en gradins jusqu&rsquo;\u00e0 la mer \u00bb.<\/p>\n<p>C&rsquo;est ainsi que Duvivier repr\u00e9sente la Casbah, une ville o\u00f9 vivent les Alg\u00e9riens comme des chats et des rats. Le r\u00e9alisateur am\u00e9ricain John Cromwell ne fait pas exception \u00e0 cette r\u00e8gle dans son film <em>Algiers<\/em> de 1949, une copie de <em>P\u00e9p\u00e9 le Moko<\/em>, avec Charles Boyer et Hedy Lamarr. Le sc\u00e9nario est \u00e9crit par Jacques R\u00e9my, officier de renseignement sous le g\u00e9n\u00e9ral de Gaulle. De m\u00eame, en 1950, le r\u00e9alisateur de la marine fran\u00e7aise Georges P\u00e9clet c\u00e9l\u00e8bre la marine fran\u00e7aise avec son film <em>Casablanca<\/em>, tourn\u00e9 \u00e0 Alger, o\u00f9 il d\u00e9peint la ville comme morte.<\/p>\n<p><strong>La bataille d&rsquo;Alger : Pontecorvo et Dalila Yacef Sa\u00e2di<\/strong><\/p>\n<p>Trente ans apr\u00e8s <em>P\u00e9p\u00e9 le Moko<\/em>, Yacef Sa\u00e2di propose au r\u00e9alisateur r\u00e9volutionnaire italien Gillo Pontecorvo un sc\u00e9nario bas\u00e9 sur ses souvenirs, qu&rsquo;il avait r\u00e9dig\u00e9 en prison \u00e0 Paris, intitul\u00e9 <em>M\u00e9moires de la bataille d&rsquo;Alger<\/em>, dans l&rsquo;intention de le transformer en film. \u00c0 ce moment-l\u00e0, Pontecorvo pr\u00e9voyait de r\u00e9aliser un film sur l&rsquo;Organisation de l&rsquo;Arm\u00e9e Secr\u00e8te (OAS), avec l&rsquo;acteur am\u00e9ricain Paul Newman dans le r\u00f4le d&rsquo;un journaliste couvrant les \u00e9v\u00e9nements en Alg\u00e9rie. Yacef Sa\u00e2di r\u00e9ussit \u00e0 convaincre Pontecorvo du projet, et le sc\u00e9nario fut r\u00e9dig\u00e9 par Franco Solinas sous le titre <em>La bataille d&rsquo;Alger<\/em>.<\/p>\n<p>Le film fit sensation, non seulement parce qu&rsquo;il traitait d&rsquo;une partie de la grande r\u00e9volution alg\u00e9rienne qui venait de se terminer et dont les effets sur les mouvements de lib\u00e9ration mondiaux commen\u00e7aient \u00e0 appara\u00eetre, mais aussi parce qu&rsquo;il abordait les tortures pratiqu\u00e9es par les parachutistes fran\u00e7ais sur les Alg\u00e9riens, au point que le film fut interdit dans les salles fran\u00e7aises pendant quatre ans. C\u2019\u00e9tait aussi un film cin\u00e9matographiquement et techniquement impressionnant.<\/p>\n<p>Cependant, malgr\u00e9 les \u00e9chos du n\u00e9or\u00e9alisme italien dans le film, les longs mois de tournage dans la Casbah (quatre mois complets), et le fait que la cl\u00e9 pour entrer dans la Casbah \u00e9tait d\u00e9tenue par un de ses fils, Yacef Sa\u00e2di, le film n&rsquo;a pas pu \u00e9chapper \u00e0 cette image st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e et coloniale de la Casbah, d\u00e9j\u00e0 imprim\u00e9e depuis <em>P\u00e9p\u00e9 le Moko<\/em>.<\/p>\n<p>Bien que <em>La bataille d&rsquo;Alger<\/em> n&rsquo;ait pas \u00e9t\u00e9 un film sur la vie quotidienne de cette \u00e9poque (les ann\u00e9es 1950), et qu&rsquo;il se concentre principalement sur une ann\u00e9e de la lutte r\u00e9volutionnaire \u00e0 Alger, le contexte social et historique de la Casbah ne pouvait \u00eatre compl\u00e8tement ignor\u00e9. Mis \u00e0 part deux sc\u00e8nes \u2013 une c\u00e9l\u00e9bration de mariage organis\u00e9e par des militants du FLN, et un enfant vendant des journaux en criant joyeusement \u00ab\u00a0On les a eus\u00a0\u00bb \u00e0 un vieil homme colon \u2013 les Alg\u00e9riens et leur vie quotidienne sont absents, que ce soit dans les ruelles de la Casbah ou \u00e0 l&rsquo;int\u00e9rieur des maisons.<\/p>\n<p>C&rsquo;est comme si Pontecorvo avait emprunt\u00e9 la cam\u00e9ra de Duvivier pour filmer la vie dans la Casbah : des fumeries de haschich, des maisons closes, des prostitu\u00e9es align\u00e9es sur les escaliers de la Casbah, des prox\u00e9n\u00e8tes comme Hassan l&rsquo;Anabi. M\u00eame Ali la Pointe est pr\u00e9sent\u00e9 comme provenant de cet environnement de prox\u00e9n\u00e9tisme et de prostitution, non seulement illettr\u00e9, mais aussi un r\u00e9volutionnaire agissant de mani\u00e8re impulsive (sc\u00e8ne o\u00f9 il gifle quelqu&rsquo;un pour avoir fum\u00e9 du haschich). Il est \u00e9galement d\u00e9peint comme t\u00e9m\u00e9raire, ne comprenant que la violence (sc\u00e8ne o\u00f9 il pousse les habitants de la Casbah \u00e0 manifester apr\u00e8s qu&rsquo;une bombe ait tu\u00e9 des Alg\u00e9riens). De plus, les militantes posant des bombes ne sont jamais nomm\u00e9es, ni par leurs vrais noms ni par des noms fictifs.<\/p>\n<p>Ainsi, la Casbah dans <em>La bataille d&rsquo;Alger<\/em> reste toujours un labyrinthe de vices, o\u00f9 \u00ab\u00a0Si Jaafar\u00a0\u00bb et ses amis se cachent des parachutistes fran\u00e7ais, tout comme P\u00e9p\u00e9 le Moko se cachait de la police fran\u00e7aise.<\/p>\n<p><strong>La Casbah des enfants de novembre : Mourad, Ammi el-Arbi le cordonnier, et Mouloud le cuisinier<\/strong><\/p>\n<p>Apr\u00e8s <em>La bataille d&rsquo;Alger<\/em>, il a fallu attendre dix ans pour voir un autre film sur la Casbah. En 1976, dans le m\u00eame quartier et pendant la m\u00eame p\u00e9riode de la r\u00e9volution, Moussa Haddad r\u00e9alise <em>Les enfants de novembre<\/em>. Mais la Casbah des <em>Enfants de novembre<\/em> n&rsquo;\u00e9tait pas celle de <em>P\u00e9p\u00e9 le Moko<\/em> ni celle de \u00ab\u00a0Si Jaafar\u00a0\u00bb (jou\u00e9 par Yacef Sa\u00e2di). Bien que ses ruelles soient \u00e9troites et ses escaliers labyrinthiques, la Casbah n&rsquo;\u00e9tait ni sombre ni sale.<\/p>\n<p>Dans la Casbah des <em>Enfants de novembre<\/em>, il n&rsquo;y a pas de prostitu\u00e9es devant les portes ni de prox\u00e9n\u00e8tes, mais des femmes en ha\u00efk dans leurs maisons, comme la m\u00e8re de Mourad et Jamila, qui r\u00e9siste \u00e0 la police malgr\u00e9 la torture pour d\u00e9couvrir la relation de son mari avec les militants. On y trouve des Alg\u00e9riens travaillant et luttant contre l&rsquo;injustice, des enfants comme Mourad qui vendent des journaux ou cirent des chaussures pour aider leurs familles. On trouve des personnages comme Ammi el-Arbi le cordonnier militant, Si Mouloud le cuisinier, ou Si Ahmed ben Safi, p\u00e8re de Mourad, amput\u00e9 apr\u00e8s avoir travaill\u00e9 comme docker dans le port de Bab Dzira, et l&rsquo;aveugle Ammi Saleh, dont le fils a rejoint les montagnes pour r\u00e9sister.<\/p>\n<p>Hormis <em>Les enfants de novembre<\/em>, et le film <em>Tahya ya Didou<\/em> du r\u00e9alisateur Mohamed Zinet, impr\u00e9gn\u00e9 de la po\u00e9sie de l\u2019amoureux de cette ville, Himoud Brahimi, la Casbah d&rsquo;Alger est rest\u00e9e prisonni\u00e8re de cette image st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9e qui a persist\u00e9 dans la g\u00e9n\u00e9ration de l&rsquo;ind\u00e9pendance. M\u00eame le film <em>El Hizi<\/em> (Le voyou) du r\u00e9alisateur Abdelkader Bortima, qui d\u00e9peint la Casbah apr\u00e8s l&rsquo;ind\u00e9pendance, montre un quartier o\u00f9 r\u00e8gnent des voyous vivant du trafic, de la violence, et des drogues. Et m\u00eame lorsque la prise de conscience arrive, elle vient d&rsquo;un \u00e9migr\u00e9 (le fr\u00e8re du voyou) revenu de France dans ce quartier ancien.<\/p>\n<p><strong>Mahdi Barached<\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00d4 ma joie, t&rsquo;ont-ils dit que tu es construite sur l&rsquo;\u00eele verte ? Et que la montagne au sommet blanc est t\u00e9moin de la trahison ? T&rsquo;ont-ils dit que le joyau de la vie est une pierre pr\u00e9cieuse pour celui qui sait la lire ? 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