﻿﻿{"id":5267,"date":"2026-01-08T22:20:22","date_gmt":"2026-01-08T20:20:22","guid":{"rendered":"https:\/\/ici-ce.com\/?p=5267"},"modified":"2026-03-11T01:20:05","modified_gmt":"2026-03-10T23:20:05","slug":"%d8%a8%d9%87%d8%ac%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%b4%d9%91%d8%b9%d8%b1-%d8%ad%d8%a7%d9%86-%d9%85%d8%b3%d8%aa%d9%82%d8%a8%d9%84%d9%8a-%d9%84%d8%b9%d9%85%d8%a7%d8%b1-%d9%85%d8%b1%d9%8a%d8%a7%d8%b4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/ici-ce.com\/fr\/%d8%a8%d9%87%d8%ac%d8%a9-%d8%a7%d9%84%d8%b4%d9%91%d8%b9%d8%b1-%d8%ad%d8%a7%d9%86-%d9%85%d8%b3%d8%aa%d9%82%d8%a8%d9%84%d9%8a-%d9%84%d8%b9%d9%85%d8%a7%d8%b1-%d9%85%d8%b1%d9%8a%d8%a7%d8%b4\/","title":{"rendered":"La joie de la po\u00e9sie dans \u00ab\u00a0Mon futur est maintenant\u00a0\u00bb d&rsquo;Amar Meriech : Dr. F. Yasmina Brihoum"},"content":{"rendered":"<p>Il n&rsquo;est pas facile aujourd&rsquo;hui, avec ces tribus arachn\u00e9ennes infinies dans toutes les langues et cultures, de critiquer, d&rsquo;\u00e9valuer ou m\u00eame de d\u00e9finir la po\u00e9sie ? Et nous ne serons pas s\u00fbrs, en raison de cette proximit\u00e9 humaine sans pr\u00e9c\u00e9dent, que les programmes scolaires dans les ann\u00e9es \u00e0 venir seront capables d&rsquo;orienter \u2013 ne serait-ce que pour passer d&rsquo;une ann\u00e9e \u00e0 l&rsquo;autre \u2013 des individus ouverts \u00e0 des cultures parall\u00e8les, y compris la culture du quartier voisin avec ses po\u00e8tes, chanteurs et influenceurs, vers la lecture de ce que le go\u00fbt g\u00e9n\u00e9ral s&rsquo;est accord\u00e9 \u00e0 consid\u00e9rer comme beau ?<\/p>\n<p>F. Yasmina Brihoum<\/p>\n<p>L&rsquo;humanit\u00e9, encore troubl\u00e9e par les horizons que lui a ouverts la technologie, saura comment adapter ses acquis \u00e0 la nouveaut\u00e9 du changement infini, et \u00e9tablira les valeurs qui servent ses objectifs et les crit\u00e8res des arts qui ont \u00e9t\u00e9 utilis\u00e9s et qui ont abouti, les applications et les outils qui cr\u00e9ent des m\u00e9lodies et des couleurs, et m\u00eame des histoires et des po\u00e8mes. Il nous suffit dans notre environnement arabe que les gens aiment encore la po\u00e9sie et m\u00eame l&rsquo;\u00e9crivent. Cette conclusion m&rsquo;a rassur\u00e9e alors que je lisais le recueil \u00ab\u00a0Mon avenir est arriv\u00e9 : Auparavant, j&rsquo;ai march\u00e9 avec l&rsquo;id\u00e9e jusqu&rsquo;\u00e0 sa fin, puis j&rsquo;ai continu\u00e9 seul.\u00a0\u00bb du po\u00e8te alg\u00e9rien Amar Meriash. Je me demande si le c\u0153ur de la po\u00e9sie cesse de battre lorsque le po\u00e8te dispara\u00eet des regards dans une culture sans m\u00e9moire, et sans traditions culturelles ? L&rsquo;auteur de \u00ab\u00a0L&rsquo;\u00c9thiopien suivi du Proph\u00e8te\u00a0\u00bb, \u00ab\u00a0La d\u00e9couverte de l&rsquo;ordinaire\u00a0\u00bb, et \u00ab\u00a0Non, cher professeur\u00a0\u00bb, a choisi depuis des ann\u00e9es d&rsquo;\u00e9crire dans le silence et le refus, apr\u00e8s le choc que sa langue a provoqu\u00e9 dans le po\u00e8me \u00e0 l&rsquo;\u00e9poque, et il a choisi d&rsquo;\u00e9crire la vie tout comme l&rsquo;affirme l&rsquo;\u00e9crivaine fran\u00e7aise Marguerite Yourcenar en disant : \u00ab\u00a0\u00c9crire, c&rsquo;est aussi ne pas parler, et se taire, c&rsquo;est crier sans bruit\u00a0\u00bb, et dans cela, il repr\u00e9sente la g\u00e9n\u00e9ration du choc, c&rsquo;est-\u00e0-dire la g\u00e9n\u00e9ration qui a v\u00e9cu la transition vers la pluralit\u00e9 politique en Alg\u00e9rie, avec la pluralit\u00e9 culturelle qu&rsquo;elle a r\u00e9alis\u00e9e \u00e0 travers de nombreuses plateformes : le groupe de sens, la revue de po\u00e9sie publi\u00e9e par l&rsquo;association Al-Jahiziyya, dont il a \u00e9t\u00e9 le r\u00e9dacteur en chef, et d&rsquo;autres activit\u00e9s qui ont dispers\u00e9 leurs membres sans qu&rsquo;aucun d&rsquo;eux ne prenne le flambeau.<\/p>\n<p>La premi\u00e8re chose qui attire notre attention dans ce recueil est son titre, il semble que le po\u00e8te aime encore mettre le lecteur sur les braises de l&rsquo;incertitude f\u00e9conde, \u00e9branlant le mod\u00e8le qui a restreint \u00e0 la po\u00e9sie arabe l&rsquo;horizon de son exp\u00e9rimentation, ou peut-\u00eatre est-il conscient qu&rsquo;il ne peut revenir \u00e0 ses lecteurs qu&rsquo;en ensevelissant le blanc laiss\u00e9 par son silence apr\u00e8s \u00ab\u00a0Non, cher professeur\u00a0\u00bb, comblant le foss\u00e9 que les \u00e9v\u00e9nements et les changements frustrants ont creus\u00e9 dans le c\u0153ur d&rsquo;un jeune plein d&rsquo;espoirs et de r\u00eaves, en disant dans le rapport, qui est le po\u00e8me qui a ouvert le recueil :<\/p>\n<p class=\"poeme\">\u00abIl m&rsquo;a fait du tort, les oiseaux dans l&rsquo;arbre<br \/>\nIls m&rsquo;ont fait du tort, les araign\u00e9es et les algues.\u201d p.20<\/p>\n<p>Ainsi, le futur\/pass\u00e9 se d\u00e9clare enfin, et exige d&rsquo;exister par d\u00e9sir et par vengeance, sans n\u00e9gliger ses circonstances telles que le po\u00e8te les a rapport\u00e9es, r\u00e9v\u00e9lant ainsi le visage de la v\u00e9rit\u00e9 que la g\u00e9n\u00e9ration a v\u00e9cue, ayant pass\u00e9 sa jeunesse \u00e0 r\u00e9sister \u00e0 la destruction et \u00e0 la violence qui lui ont coup\u00e9 le chemin vers un avenir qui \u00e9tait proche :<\/p>\n<p class=\"poeme\">\u201cChaque fois qu&rsquo;une \u00e9pi de bl\u00e9 fendait la terre&#8230; elle \u00e9tait assi\u00e9g\u00e9e par les canons et les moissonneuses.\u201d<\/p>\n<p>Je vais essayer de lire ce recueil aux petites coupures, publi\u00e9 par la maison d&rsquo;\u00e9dition Khayal cette ann\u00e9e 2024, en commen\u00e7ant par la couverture attrayante avec ses couleurs vari\u00e9es et harmonieuses, au centre de laquelle se trouve une peinture sur laquelle le titre attire notre attention avec le mot \u00ab\u00a0Auparavant\u00a0\u00bb en cachant des v\u00e9rit\u00e9s que les nouveaut\u00e9s et les changements pourraient dissimuler, insistant sur la garantie de la transmission du message \u00e0 une adresse qui pourrait avoir chang\u00e9 dans les documents et les usages, ravivant une m\u00e9moire que le po\u00e8te doute qu&rsquo;elle soit encore pr\u00e9sente. Ainsi, \u00ab\u00a0Auparavant\u00a0\u00bb, qui r\u00e9sume beaucoup de ce qui pourrait \u00e9chapper \u00e0 ceux qui n&rsquo;ont pas atteint la quarantaine aujourd&rsquo;hui, parmi ceux qui ont entendu parler de la peur, de la confusion et du doute dans l&rsquo;Alg\u00e9rie des ann\u00e9es 90, mais ne l&rsquo;ont pas v\u00e9cue, redonne \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 une question par question, une inqui\u00e9tude par inqui\u00e9tude et une peur par peur, et leur confirme que toute la frustration qui a accompagn\u00e9 la po\u00e9sie et l&rsquo;\u00e9criture dans un contexte qui mena\u00e7ait la vie \u00e9tait une r\u00e9alit\u00e9 qui mena\u00e7ait la vie et la retardait :<\/p>\n<p class=\"poeme\">\u00abComment dessiner un horizon pour autrui<br \/>\nAlors que mon avenir se d\u00e9bat dans la boue<br \/>\nJe ne suis ni vivant ni vivant, mais<br \/>\nJe me nourris comme une fourmi pour ne pas dispara\u00eetre.\u201d p.21<\/p>\n<p>Ensuite, nous sommes interpell\u00e9s dans le recueil \u00ab\u00a0Mon avenir est arriv\u00e9\u00a0\u00bb par une pr\u00e9face \u00e9crite par \u00ab\u00a0Sa\u00efd Boutajine\u00a0\u00bb, comme si c&rsquo;\u00e9tait une pr\u00e9face n\u00e9cessaire, que Meriash a voulu relier le pass\u00e9 au pr\u00e9sent\/futur, r\u00e9tablissant ainsi dans notre m\u00e9moire la sp\u00e9cificit\u00e9 de la langue du po\u00e8te et son unicit\u00e9, qui a commenc\u00e9 \u00e0 marquer la po\u00e9sie alg\u00e9rienne, que ce soit en ce qui concerne son \u00e9cart par rapport \u00e0 l&rsquo;obligation de la m\u00e9trique et de la rime, vers la po\u00e9sie en prose, ou en ce qui concerne sa r\u00e9volte contre l&rsquo;id\u00e9e unique et la r\u00e9pression, comme l&rsquo;Alg\u00e9rie l&rsquo;a v\u00e9cue dans un cadre mondial, qui s&rsquo;est effondr\u00e9 tout comme de nombreux concepts et valeurs sous le poids de l&rsquo;imp\u00e9rialisme, ou en ce qui concerne sa transformation de cette vie alg\u00e9rienne quotidienne en une po\u00e9sie qui pourrait sembler simple et na\u00efve, mais c&rsquo;est la simplicit\u00e9 de la po\u00e9sie qui n&rsquo;est pas trahie par la paradoxalit\u00e9 et la surprise, comme se distingue la sp\u00e9cificit\u00e9 alg\u00e9rienne, qui se perd souvent, \u00e0 mon avis, dans des po\u00e9sies dont le r\u00e9pertoire est rempli d&rsquo;images et d&rsquo;imaginaires issus de l&rsquo;imagination des livres ; la po\u00e9sie de Meriash ne provient pas d&rsquo;inspirations d&rsquo;une culture utopique, ni de sp\u00e9cificit\u00e9s culturelles artificielles, \u00e9loign\u00e9es et \u00e9tranges, mais dans son registre se trouve toute l&rsquo;\u00e2me alg\u00e9rienne quotidienne pour parler de la bureaucratie, de l&rsquo;absence de justice, et de l&rsquo;\u00e9crasement de l&rsquo;homme sous la roue de la marginalisation, et de l&rsquo;opinion unique issue de l&rsquo;extr\u00e9misme que je pense que le po\u00e8te a r\u00e9sist\u00e9 avec ses mots depuis le d\u00e9but de son \u00e9closion :<\/p>\n<p class=\"poeme\">\u00abLe pr\u00eatre m&rsquo;a dit que le huppe est venu avec la nouvelle&#8230;<br \/>\nEt qu&rsquo;il : fera tomber le monde<br \/>\nTout est devenu une erreur.\u201d p.30<\/p>\n<p>Dans le po\u00e8me \u00ab\u00a0Les tentatives\u00a0\u00bb, nous pouvons presque affirmer l&rsquo;unit\u00e9 du sujet entre celui-ci et le po\u00e8me pr\u00e9c\u00e9dent, et nous pensons que le but est de compl\u00e9ter ce r\u00e9cit que la technique du po\u00e8te, bas\u00e9e \u00e9galement sur l&rsquo;association d&rsquo;id\u00e9es, r\u00e9v\u00e8le une subjectivit\u00e9 rebelle qui refuse la censure et la contrainte, et tout ce que la machine de l&rsquo;extr\u00e9misme administratif et politique a tent\u00e9 d&rsquo;\u00e9radiquer dans le pays des \u00ab\u00a0grenades et des raisins\u00a0\u00bb. Il est difficile pour le lecteur de classer le po\u00e8te et sa langue entre son exc\u00e8s de directivit\u00e9, qui, si nous l&rsquo;examinons, d\u00e9borde de musique, et ne manque pas parfois d&rsquo;allusions et de symboles, et entre des allusions soufies trompeuses, toutes r\u00e9v\u00e9lant une culture que je pense \u00eatre un m\u00e9lange entre un patrimoine arabe spirituel et une culture moderne acquise par le po\u00e8te de sa formation \u00e9conomique et technologique :<\/p>\n<p class=\"poeme\">Celui qui n&rsquo;est pas aveugle \u00e0 l&rsquo;amour me conna\u00eet<br \/>\nEt celui que je ne suis pas digne d&#8217;embrasser ses v\u00eatements<br \/>\nMon roi et mon bien-aim\u00e9 et mon amour<br \/>\nEt peu importe pour qui je chante<br \/>\nChanter, c&rsquo;est ma seule pr\u00e9occupation.\u201d p.31<\/p>\n<p>Avec la laideur et le noir du r\u00e9el, le po\u00e8te vit la vie en po\u00e8te, reconnaissant que ce qui l&rsquo;importe est de dire la po\u00e9sie et de r\u00e9sister \u00e0 son malheur. Dans cela, il ne met pas de barri\u00e8res entre son existence et le monde, puisque la vie commence par la po\u00e9sie et sa joie et s&rsquo;y termine ; il charge le po\u00e8me d&rsquo;un millier de douleurs et d&rsquo;un millier d&rsquo;espoirs r\u00e9v\u00e9l\u00e9s par les images qui abondent dans sa langue :<\/p>\n<p class=\"poeme\">\u00abL&rsquo;illusion a m\u00fbri dans le vase et l&rsquo;eau n&rsquo;est pas encore arriv\u00e9e\u201d<br \/>\nDevenu<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Il n&rsquo;est pas facile aujourd&rsquo;hui, avec ces tribus arachn\u00e9ennes infinies dans toutes les langues et cultures, de critiquer, d&rsquo;\u00e9valuer ou m\u00eame de d\u00e9finir la po\u00e9sie ? 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